19 janvier 2004
Grassroot Democracy by Women in Governance
Cécile Sabourin
Le séminaire
intitulé Grassroot Democracy by Women
in Governance, organisé par le RSCD
(Resource and Support Center for Developement)
et les responsables de la Mahila Rajsatta
Andolan (Women’s Governance Campaign)
avec le soutien du Chantier femmes et économie
et du Pôle socio-économie solidaire
de l’Alliance pour un monde responsable,
pluriel et solidaire accueillait plus de cent
personnes le 19 janvier dans le cadre du Forum
Social Mondial à Mumbaï 2004.
Des femmes du Maharashtra y ont fait le bilan
de cinq années de leur campagne pour
l’engagement des femmes dans les panchayat,
les instances de gouvernement local en Indes.
Une loi adoptée en 1994 réservait
le tiers des sièges pour les femmes
au sein de ces instances. Celles-ci se sont
engagées en grand nombre, elles se
sont fait élire parfois même
aux postes de cheffes, devenant alors responsables
de la gestion des affaires de la communauté.
Si la loi protégeait le processus d’élections,
les femmes ont connu de nombreuses difficultés
dans l’exercice de leurs nouvelles
fonctions. Les résistances se sont
exprimées de manière plus prononcée
lorsque les idées et résolutions
que ces dernières mettaient de l’avant
heurtaient de plein fouet les pouvoirs traditionnels.
Le travail sur le terrain politique a donc
exigé des nouvelles élues une
détermination constante à tous
les niveaux afin de traduire les droits acquis
en pratiques sur le terrain.
Lors du séminaire, Kamal Tai, Sunita
Raut, Nita Mhatre, Sumitra Kanhat, Vidya Tawde,
Ambubai, Kusumtai Salve, Shubhangi Kolte,
Vandana, Ratnamala, Shantatai, Sunanda Shirsat,
Mayatai, Anuya, Anita Bhoyar ont témoigné
de leur expériences concrètes,
de leurs efforts, de leurs réussites,
de leurs analyses. Elles ont abordé
des thèmes reliés aux aspects
politiques, économiques, sociaux et
culturels et l’ont fait avec émotion,
force et détermination soulignant l’ampleur
des tâches à accomplir. Au nombre
des thèmes abordés, mentionnons
les élections et les dynamiques du
pouvoir, les assemblées de femmes et
les moyens de les renforcer, les résolutions
présentées aux instances locales,
les votes de «non confiance» à
l’endroit de femmes et la nécessité
de procéder à des recours, les
Self-help Groups, ces groupes d’appui
développés sur le terrain, les
systèmes de redistribution de nourriture
et biens essentiels, les conditions du travail
dans le secteur de la canne à sucre,
la problématique des femmes abandonnées
par leur mari, les droits à la terre
et à sa distribution équitable,
les sociétés coopératives,
la corruption et les stratégies de
lutte pour la
transparence des décisions, les atrocités
envers les Dalits, la prohibition d’alcool,
la levée du drapeau, la hiérarchie
entre les femmes et le système de castes,
la persistance de la domination masculine
dans les rapports politiques et autres.
Un panel international composé de Cécile
Sabourin (Canada), Madeleine Hersent (France),
Nedda Angulo (Pérou), Pinky Cupino
(Philippines) et Isis de Palma (Brésil)
a eu l’occasion d’exprimer sa
profonde admiration pour le travail des femmes
du Maharashtra et souligné la parenté
des luttes dans lesquelles les femmes sont
engagées partout dans le monde pour
la démocratisation des processus politiques,
la participation équitable des femmes
aux décisions, l’égalité
entre femmes et hommes et les droits économiques
des femmes.
La rencontre avait débuté par
un hommage à Savitribai Phule, l’une
des militantes les plus admirées au
Maharashtra et en l’Inde, et s’est
terminée par un engagement collectif
des participantes à poursuivre leur
travail.
Cécile Sabourin
Pour le Chantier «femmes et économie»
womeneco@socioeco.org.