| Le rapport
final de l'atelier de Paris est disponible
dans la section Documents |
Les 10 et 11 novembre 2003, un atelier d'échanges
et de réflexions a eu lieu à
Paris en présence de 13 femmes et un
homme à titre de participantes (et
2 observateurs pour une partie de la rencontre).
Les participantes provenaient des pays suivants
: Allemagne, Grèce, France, Italie,
Pérou, Portugal, Québec (Canada),
Sénégal.
Convoqué sous le thème «Femmes
et économie solidaire : les compétences
et connaissances mises en oeuvre et développées
par les femmes dans leurs pratiques d'économie
solidaire et les retombées de ces
pratiques dans l'environnement local»,
cet atelier n'a pas permis de traiter à
fond de la question mais a, par ailleurs,
soulevé de nombreux autres enjeux
reliés aux spécificités
des initiatives développées
par des femmes.
Les initiatives dont il a été
question sont nées dans des contextes
où les femmes vivaient l'une ou l'autre,
voire une combinaison des situations suivantes
: exclues des circuits habituels de productions
et échanges, intéressées
à combiner leurs responsabilités
domestiques à la quête d'autres
aspirations, forcées de prendre le
relais pour assurer le bien-être de
leurs familles. Comme l'une des participantes
l'a mentionné dès le début,
c'est «en marge» que se développement
ces initiatives de femmes. Une question
demeure : Comment faire sortir ces initiatives
de la marginalité? Si les pistes
de réponses auraient pu nous entraîner
vers des échanges fructueux, nous
avons remis à plus tard l'approfondissement
de ce thème.
D'autres thèmes qui n'ont pas manqué
de surgir sont ceux du développement
local et territorial et du rapport à
l'action collective. Si pour certaines,
les initiatives sont d'abord des initiatives
collectives de femmes, plusieurs conçoivent
le rapport au «collectif» d'abord
relié au processus et à la
méthode, les résultats pouvant
se traduire dans des initiatives individuelles
inscrites dans un processus de développement
collectif (local ou territorial). Ainsi,
la capacité d'entreprendre se manifeste
différemment selon les contextes
dans lesquels ces femmes mettent en oeuvre
les moyens de satisfaire leurs aspirations.
Les échanges qui se sont tenus en
petits groupes de travail ont reflété
leur composition. Néanmoins, les
3 groupes ont souligné que la reconnaissance
et le développement des compétences
des femmes devaient être soutenus
par un accompagnement adéquat, lequel
ne se manifeste pas dans les modes habituels
(formels) de soutien aux entreprises collectives.
Ainsi, l'accompagnement et les exigences
qu'il comporte deviennent une compétence
à développer ou, dans plusieurs
cas déjà développée,
par les femmes.
Si le sens donné aux mots constitue
en soi un objet à éclaircir
afin de faire progresser les analyses, l'atelier
n'a pas cru bon y consacrer beaucoup de
temps, laissant aux participantes le soin
d'exprimer toute la diversité des
manières de concevoir les choses.
Ainsi, sous l'expression «compétences
stratégiques», insatisfaisante
à cause de sa proximité au
vocabulaire militaire, on a parlé
de divers savoirs et compétences
(acquis ou à développer) :
ceux qui surgissent «de l'intérieur»
des personnes et se manifestent dans l'articulation
du travail collectif et ceux qui se manifestent
vers l'extérieur dans les rapports
aux pouvoirs (politiques, sociaux, etc.)
et même dans les relations de pouvoir
dans les familles et les communautés,
etc. Appartenant principalement au domaine
de l'immatériel, les capacités
de mettre en oeuvre des stratégies
pour articuler des processus et méthodes
de travail collectifs sont apparues comme
primordiales.
Si des savoirs et compétences techniques
sont essentiels dans plusieurs domaines
et peut-être de plus en plus dans
la société qui se «mondialise»
(et se globalise), la reconnaissance et
la valorisation des savoirs et compétences
(techniques) propres aux femmes et à
des collectifs de femmes nécessitent
la mise en place de processus appropriés.
En outre, des savoirs et compétences
nouveaux pourront être acquis en prenant
appui sur un accompagnement approprié,
respectant entre autres les rythmes, les
priorités et les valeurs des femmes
concernées.
Cet atelier a été suivi de
multiples échanges entre les participantes
soit pour mieux connaître les expériences
qui n'avaient été qu'effleurées
en réunion ou pour explorer la possibilité
d'éventuelles collaborations.
Il a aussi été suivi d'un
atelier dans le cadre du Forum social européen
auquel 10 d'entre nous ont participé.
Onze (11) autres participants en provenance
principalement de France, mais aussi de
Belgique et du Sénégal se
sont joints à l'atelier pour en savoir
davantage sur le thème «femmes
et économie solidaire». De
nouveaux liens se sont-ils tissés
entre des participantes et participants
attirés par un thème qui les
rapproche?
Cécile Sabourin
Pour le Chantier «femmes et économie»